Modes de communication des déficients auditifs

Des modes de communication non interchangeables

Tous les déficients auditifs, bien que classés dans la même catégorie de handicap, ne vivent pas les mêmes situations car ils n'utilisent pas tous le même mode de communication. Celui-ci dépend de l'âge auquel la surdité est survenue, de son ancienneté et/ou du degré de la surdité.

Les malentendants et devenus sourds ont la langue parlée comme mode principal de communication tout en s'aidant par le biais de la lecture labiale et plus rarement par le langage parlé complété (LPC). Parce qu'ils utilisent la langue française parlée, écrite et lue, mais aussi écoutée, on les appelle les oralistes. Cependant, beaucoup d'entre eux ont bien besoin de la lecture labiale et doivent fournir beaucoup de suppléance mentale pour rester dans ce mode de communication.

Dans certaines situations, les malentendants peuvent utiliser des aides techniques en complément à leurs appareils de correction auditive. Une boucle d'induction magnétique peut ainsi leur permettre de participer à des conférences ou à des réunions, alors que sans cette aide technique, ils en seraient exclus.

Dans d'autres cas, l'oral aidé de la lecture labiale et de la suppléance mentale ne suffit pas. Ainsi, les sourds profonds ayant acquis la langue française parlée, lue et écrite, grâce à une éducation orthophonique ardue, utilisent parfois le Langage Parlé Complété (LPC). Il s'agit d'une aide supplémentaire à la lecture labiale pour distinguer les sosies labiaux.

Puis, il y a les sourds profonds de naissance qui ont souvent, mais pas toujours, pour mode principal de communication la Langue des Signes Française (LSF). On les désigne aussi par "sourds gestuels" parce qu'ils s'expriment principalement par gestes. La LSF étant une langue visuelle et non orale comme le français.

Le langage parlé, lu, écrit

L'acquisition du langage se fait pendant les 3 premières années de la vie. Le cerveau de l'enfant a une capacité extraordinaire pour acquérir la langue maternelle pendant cette période limitée. On sait aujourd'hui qu'après l'âge de 3 ans, l'acquisition du langage est d'année après année plus difficile parce que le cerveau utiliserait la partie réservée à l'acquisition du langage au développement d'autres capacités.

Chaque année naissent 200 enfants sourds en France dont 95 % sont issus de familles entendantes.

  • 1 enfant sur mille devient sourd avant l'âge de 18 mois
  • 2 enfants sur mille le deviennent avant l'âge de 14 ans.

Ces chiffres expliquent en grande partie la diversité de situations individuelles qu'il est possible de rencontrer. La majorité des enfants sourds sont issus de familles entendantes et seront orientés vers le mode de communication oral, lu et écrit de leur langue maternelle.

Depuis quelques années, l'implant cochléaire donne de très bons résultats. Un enfant sourd implanté précocement ou peu après l'acquisition du langage restera cependant sans son appareillage pendant toute sa vie une personne sourde. Avec son processeur vocal, l'enfant peut être considéré comme malentendant. Son mode de communication principal sera généralement le langage parlé, lu et écrit. Certains apprendront la LSF, même s'ils ne la pratiquent pas comme mode de communication principal. Toutefois, ce sera pour l'enfant une grande richesse d'être bilingue français-LSF.

L'enfant sourd qui a appris à oraliser grâce à une éducation orthophonique suivie pendant de longues années peut parvenir à une élocution assez bonne à très bonne. Cependant, sauf si la pose d'un implant cochléaire apporte une réhabilitation de son audition, il est sourd mais arrive parfois à bien tromper son monde sur le degré de sa surdité, tant son intégration est bonne. Le LPC, le langage parlé complété, peut servir à mieux distinguer les voyelles et les consonnes, ce qui est un réel plus.

Les personnes devenues sourdes au cours de la vie, dans leur quasi totalité, n'auront jamais appris la langue des signes française.