Bien choisir ses prothèses auditives

La plupart du temps, le patient peut bénéficier d'une correction auditive grâce à des appareils conventionnels numériques qui se déclinent sous différents types et catégories proposés par une bonne dixaine de fabricants. Bien entendu, seul l'audioprothésiste est en mesure de vous dire ce qui convient le mieux à votre situation, mais il est judicieux de connaître quelques généralités avant cette consultation ce qui favorisera une meilleure compréhension de ses explications.

Une gamme d'aides auditives

Les types

  • Les contours d'oreille (BTE)
    Ils se portent derrière le pavillon. Le son est conduit par un tube en silicone jusqu’à votre conduit auditif par la biais d'un embout auriculaire moulé d'après la forme de votre conduit auditif. Cette solution convient à toutes les surdités et se révèle être la plus robuste, mais c'est aussi la moins discrète bien qu'il existe aujourd'hui des contours de vraiment petite taille.

  • Les mini-contours avec écouteur déporté (RIC)
    Ces appareils miniaturisés relativement récents possèdent un tube beaucoup plus fins et un embout souple aéré très confortable. Ce type d'appareil convient pour les surdités avec des pertes sur les aiguës seulement. Grâce à l'embout "ouvert", le malentendant peut parfaitement entendre les sons graves pour lesquels il n'a pas besoin d'une correction auditive. Cette solution est discrète et confortable, mais le risque de perte est plus élevé du fait que cet appareil s'oublie vite en raison de sa légerté et de l'embout ouvert qui ne tient pas aussi bien qu'un embout moulé. Si l'assurance est vivement conseillé pour tous les types d'appareils, elle est impératif pour le mini-contour RIC !

  • Les intra auriculaires (CIC)
    Ils sont fabriqués sur-mesure d’après le moule de votre oreille et se placent directement dans le conduit auditif. Ce type d'appareil ne convient pas aux personnes souffrant d'acouphènes car l'effet larsen (sifflement de l'appareil) est assez fréquent. Cette prothèse arrive vite à ses limites. Si le patient transpire ou que son oreille produit beaucoup de cérumen, cet appareil se révèle très fragile. Il nécessite un entretien minutieux et une révision fréquente (tous les 3 mois) par l'audioprothésiste. Son seul point fort est sa discretion.

  • Les intra Invisibles (IIC)Comme les CIC ils sont moulés sur mesure mais se placent plus profondemment à quelques millimètres du tympan. Ils sont limités à des surdités légères et se révèlent très fragiles. Mais ils sont quasiment invisibles.

Les catégories

  • économique (entrée de gamme)
  • confort (moyenne gamme)
  • performance (haut de gamme)

Consommation d'energie et durée de vie des piles

Une aide de correction auditive extrêmement miniaturisée ne peut contenir qu'une pile de toute petite taille alors qu'un contour d'oreille peut héberger une pile bouton de moyenne à grande taille. La consommation de pile peut être plus ou moins importante selon les réglages qui consomment de manière variable de l'energie. La durée de vie de la pile peut varier entre 3 à 20 jours.

Les principales marques

Les critères du choix

En raison du grand nombre de prothèses auditives qu'on trouve sur le marché, il n'y a pas qu'un seul appareil qui convient à votre situation, mais plusieurs appareils de marques différentes. Certains audioprothésistes ne commercialisent qu'une selection limitée de marques, d'autres travaillent avec tous les fabricants, mais ont une préférence pour certaines marques. Les appareils numériques sont des mini-ordinateurs, commandés par des programmes informatiques complexes, ergonomiques ou au contraire très élaborés avec un grand nombre de possibilités de réglages. Cela demande à l'audioprothésiste une capacité technique pointue et une volonté constante de formation pour suivre les évolutions technologiques et informatiques. Généralement, la différence de coût à l'intérieur d'une marque se détermine simplement par le programme informatique plus ou moins évolué alors que l'appareil lui-même est identique entre celui de l'entrée de gamme et le haut de gamme.

Le malentendant lui-même doit simplement se poser les questions suivantes :

  • Quel budget ? Le prix moyen d'un appareillage bilatéral est de 3000 euros.
    Le reste à charge pour les appareils auditifs est malheureusement très élevé. La base de remboursement est de € 199,71 par oreille, dont seulement 60% est pris en charge par la Sécurité Sociale (= €119,83). Pour un appareillage bilatéral, on ne peut attendre qu'un montant de € 239,66 de la Sécurité Sociale. Ensuite, il faut s'adresser à sa Mutuelle ou Complémentaire Santé pour connaître le pourcentage de prise en charge complémentaire. Dans certains cas, il y a d'autres possibilités d'aides financières.

  • Quels sont mes besoins ? Un malentendant en activité professionnelle n'a pas les mêmes besoin qu'une personne âgée, une personne souffrant d'acouphènes peut avoir besoin d'un programme spécifique pour mieux supporter ses acouphènes et une autre personne vivant dans un environnement bruyant doit pouvoir bénéficier de différents programme lui permettant une meilleure compréhension en milieu bruyant tout en favorisant aussi son confort.
    Le malentendant a tout intérêt à réfléchir aux multiples situations de son quotidien et de prendre note de ses besoins et souhaits afin de les soumettre à l'audioprothésiste en temps utile.

  • Quels sont mes activités et mes contraintes purement physiques ? La personne qui transpire beaucoup ou qui constate que ses oreilles produisent une grande quantité de cérumen, doit impérativement en parler à l'audioprothésiste. Si on pratique certaines activités sportives, il peut aussi avoir certains choix à faire pour améliorer le confort du port de l'appareil auditif. Le malentendant qui aime téléphoner, qui souhaite pleinement participer à la vie culturelle ou simplement regarder la télévision sans déranger être dérangé par les proches lorsqu'ils discutent, a tout intérêt d'insister à ce que ses appareils auditifs disposent de la position T afin qu'il puisse bénéficier de la boucle d'induction magnétique et d'autres aides techniques utilisant la position T. Attention : une aide auditive trop miniaturisée ne peut héberger la bobine T.

  • Quels sont mes choix esthétiques ? Si la correction visuelle est devenue un moyen de se montrer "à la mode", la correction auditive est souvent encore perçue comme avilissante et réservée aux vieux... On ne dira jamais assez que le malentendant a tort de vouloir rendre invisible son handicap auditif qui est de toute manière trop invisible.
    Au contraire, il s'apercevra vite qu'il vaut mieux dire clairement que certaines situations sont difficiles pour lui. Mieux vaut prendre la décision de bien communiquer soi-même pour rester dans une communication réelle au lieu de cacher son handicap et faire semblant d'avoir compris, ce qui conduit inévitablement à des malentendus mal vécus et inconfortables pour tout le monde.

    Aujourd'hui, les aides de correction auditive existent dans des coloris vraiment sympas. De plus en plus de malentendants choississent d'en porter pour en faire un objet de mode au même titre que sont portés les écouteurs Bluetooth ou les oreillettes des appareils mobiles par les entendants ou les lunettes de toutes couleurs et formes par les malvoyants. Osons clairement afficher notre handicap (sans vouloir nous plaindre !) et la communication sera simplifiée pour tous.

La relation de confiance du malentendant avec son audioprothésiste est déterminante pour la réussite de l'appareillage. Il est essentiel que le malentendant se sente à l'aise pour lui communiquer ses ressentis (parfois même des détails intimes) tout au long de la période d'adaptation après lui avoir données les informations utiles quant à ses besoins et ses choix personnels.

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Les 10 engagements que votre audioprothésiste devrait respecter

Le 14 novembre 2016 et ceci pour la première fois, l'ensemble de la profession et donc l'ensemble des syndicats des audioprothésistes (C.N.A., SYNAM, SYNEA, UNSAF) a décidé de formaliser et de promouvoir "les 10 engagements de l'audioprothésiste" en direction des patients.Cette charte de bonnes partiques constitue une étape essentielle du travail que la profession est déterminée à mener afin de donner davantage de visibilité à sa démarche qualitative et déontologique.

Pour la personne malentendante en recherche de la réussite de son appareillage, ces 10 engagements sont impérativement à faire respecter, mais ce ne sont pas ces seuls engagements de l'audioprothésiste qui garantiront la réussite de l'appareillage. Le patient a également sa part d'engagements à respecter, et particulièrement le port régulier et continu des aides de correction auditive pour favoriser la rééducation de l'écoute dans un laps de temps raisonnable ainsi que le respect des visites de contrôle et de réglage selon les conseils de l'audioprothésiste.

Communiqué de presse Cna-Synam-Synea-Unsaf : "Bonne pratique en audioprothèse - la profession s'enage" du 14 novembre 2016

Charte des bonnes pratiques de l'audiprothésiste - 10 engagements