J'entends mal, que faire - texte écrit sur un smartphone

Les conséquences du handicap auditif au quotidien

Les conséquences sont nombreuses et les impacts négatifs que l'individu peut vivre et/ou ressentir au quotidien dans tous les domaines de sa vie diffèrent d'une personne à l'autre pour plusieurs raisons :

  • l'importance de la surdité, accompagnée souvent d'acouphènes ou/et d'un ressenti hyperacousique (hypersensibilité aux bruits)
  • l'âge de la survenue des troubles de l'audition
  • le caractère de l'individu (il vaut mieux être battant pour ne pas se laisser submerger par les conséquences)
  • selon qu'on est en activité professionnelle ou à la retraite, en responsabilité familiale ou qu'on vit seul
  • selon ses capacités de mémoire (suppléance mentale), sa bonne connaissance de la langue (un vocabulaire étendu facilite la suppléance mentale), ses capacités de lecture labiale
  • et bien d'autres facteurs encore.

La rubrique Vie Personnelle aborde les différents aspects du quotidien mais aussi d'une vie entière, de l'enfance jusqu'à l'automne de la vie, en bonne santé ou au contraire en situation de la maladie et d'autres handicaps.

Quand la communication devient un enfer

Lorsque la surdité s'installe, souvent de manière insidieuse, il n'est pas rare que ce sont les proches qui constatent en premier qu'il y a un problème d'audition du fait que l'individu qui en est atteint ne s'en rend pas forcément compte que certains sons habituels ont disparus de son environnement sonore ou que leur perception est devenue moins nette.

Dans un premier temps, lorsqu'on peut encore comprendre une bonne partie lors des réunions de famille, c'est justifié de dire que ce n'est pas à cause de problèmes auditifs, mais parce que les autres ne parlent pas de manière distincte ou bien qu'ils font trop de bruit.

Vie de couple et vie intime

Lorsque l'on a connu son conjoint avant la survenue des troubles de l'audition, on ne s'imagine pas tous les impacts difficiles à vivre à cause d'une surdité ou d'acouphènes intenses, facteurs de souffrance qui incitent à s'isoler pour se protéger. Le cheminement du couple, jusqu'à là harmonieux, peut être semé d'embûches en raison de difficultés pour appréhender les changements profonds. La surdité d'un des conjoints peut agacer l'autre, ce qui peut conduire à des tensions répétitives.

Oui, il est important de mentionner que le conjoint entendant est aussi en souffrance.

Le dialogue difficile entre parents et enfants ou ados

Même en temps normal, lorsque tout va pour le mieux, le rôle de parent est très exigeant. Maintenir un dialogue constant n'est pas toujours facile et cela d'autant plus pendant la période de l'adolescence.

Lorsqu'on est atteint d'une surdité moyenne à sévère, la grande difficulté est de rester à l'écoute tout en faisant comprendre à son enfant que c'est à cause de la surdité qu'on n'arrive pas toujours à comprendre mais que ce n'est pas parce que l'on NE VEUT PAS comprendre. Le jeune ado prendra très vite "le raccourci" pour dire que son père ou sa mère ne veut pas le comprendre et que le dialogue est tout impossible. Cela peut devenir un prétexte pour éviter le dialogue, pour limiter la communication avec le parent malentendant et même pour désobéir.

La presbyacousie, baisses de l'audition liées à l'âge

La surdité de perception bilatérale et évolutive la plus fréquente est la presbyacousie. Elle s'installe très progressivement à partir de la soixantaine, et parfois même plus tôt. Les premiers symptômes sont l'hypersensibilité aux bruits et bien souvent aussi les acouphènes, puis la gêne de plus en plus marquée pour comprendre la parole en millieu bruyant.

La personne qui en est atteinte a alors de plus en plus du mal à vivre encore pleinement sa vie sociale. Les personnes qui aimaient assister à des concerts, aller au théâtre ou au cinéma, se sentent de moins en moins à l'aise à la fois gênées par les bruits forts et en difficultés pour comprendre les dialogues ou apprécier la musique.

Le mal-être auditif, accentué par la maladie

La maladie, quelle qu'elle soit, génère des souffrances, provoque des inquiétudes et des questionnements sur l'origine de la maladie et les perspectives de guérison. Dans certains cas, les responsabilités familiales ou les obligations professionnelles sont particulièrement difficiles à gérer.

Lorsqu'on est atteint de surdité, les démarches administratives peuvent devenir un réel casse-tête qui se surajoute au mal-être causé par les souffrances directes de la maladie. Bien souvent, ce sont des proches qui peuvent alors aider le malade malentendant, mais dans notre société moderne où la solitude et l'isolement sont assez courants, l'isolement social et même familial de la personne malentendante est amplifié en raison du handicap auditif et de la tendance naturelle de celle-ci de s'isoler.

Dépendance et plurihandicap

Le sujet atteint de surdité sévère ou profonde est particulièrement exposé à la détresse psychologique et à la solitude extrême alors qu'il est devenu dépendant et/ou souffre de plusieurs autres handicaps moteur et/ou sensoriel et/ou psychique. C'est souvent en institution ou en milieu hospitalier que l'on observe cette détresse humaine aïgue du fait que le personnel soignant ne dispose pas du temps pour consacrer quelques minutes supplémentaires qui favoriserait la communication en dépit de la surdité avec le sujet dépendant.

Lorsqu'il s'agit de personnes sourdes de naissance qui avaient l'habitude de communiquer gestuellement (en langue de signes française), il est fréquent qu'aucune personne du corps médical ne connaisse la LSF. L'isolement du sujet dépendant est d'autant plus atroce lorsque ses souffrances physiques nécessiteraient une meilleure prise en charge et que la communication n'est plus possible pour d'autres raisons que la surdité.