Dépendance et plurihandicap

Le sujet atteint de surdité sévère ou profonde est particulièrement exposé à la détresse psychologique et à la solitude extrême alors qu'il est devenu dépendant et/ou souffre de plusieurs autres handicaps moteur et/ou sensoriel et/ou psychique. C'est souvent en institution ou en milieu hospitalier que l'on observe cette détresse humaine aïgue du fait que le personnel soignant ne dispose pas du temps pour consacrer quelques minutes supplémentaires qui favoriserait la communication en dépit de la surdité avec le sujet dépendant.

Lorsqu'il s'agit de personnes sourdes de naissance qui avaient l'habitude de communiquer gestuellement (en langue de signes française), il est fréquent qu'aucune personne du corps médical ne connaisse la LSF. L'isolement du sujet dépendant est d'autant plus atroce lorsque ses souffrances physiques nécessiteraient une meilleure prise en charge et que la communication n'est plus possible pour d'autres raisons que la surdité.

 

Personne dependante 

Combien de victimes d'AVC (accident vasculaire cérébral) ont perdu la faculté de la parole ! Ne pas pouvoir s'exprimer s'ajoute alors à l'incapacité d'entendre et l'isolement devient une terrible souffrance supplémentaire s'ajoutant au reste de la situation de santé du sujet dépendant.

Lorsque le sujet dépendant est appareillé

Les personnes malentendantes appareillées qui n'ont plus l'autonomie pour s'occuper elles-mêmes de mettre leurs appareils, pour changer les piles, pour veiller à leur entretien et le cas échéant demander un nouveau réglage, sont donc aussi soumis à la bonne volonté et aux compétences ou incompétences du personnel soignant ou/et de leurs proches.

Les proches ont un rôle important à jouer !

Les proches devraient veiller à fournir une boîte portant le nom du malentendant, mais également des piles pour les appareils auditifs. Ensuite, il faut impérativement donner au personnel soigant la consigne de ranger les appareils auditifs du sujet dépendant dans cette boîte dès qu'on les lui retire des oreilles. Ceci évite les pertes ou que les prothèses soient jetées par erreur. Combien d'appareils auditifs passent par erreur dans le sac à linge du chariot de l'aide soignante .... !

Bien sûr, à ce stade de la vie d'un malentendant, l'audition est aussi considérée comme quantité négligeable, or ce sont parfois des petits moments de communication qui peuvent soulager des souffrances devenues intolérables. Comment savoir ce que vit un être humain, de quel degré de douleurs il souffre, si on néglige la communication, vitale à ce moment-là ?

Le suivi du sujet dépendant par un audioprothésiste

La plupart des personnes âgées hébergées dans un EHPAD n'ont plus ni de suivi ORL, ni de suivi audioprothétique. Lorsque l'EHPAD se trouve dans une "zone d'habitation dense", le corps médical ou les proches peuvent demander à un audioprothésiste de se déplacer pour faire un contrôle de l'appareillage (changement du tube reliant l'embout auriculaire à la prothèse, vérification de bon fonctionnement des appareils, etc.). Dans certains EHPAD, un audioprothésiste agréé par l'établissement suit les personnes malentendantes, même si les appareils n'avaient pas été achetés chez lui. L'assistante sociale ou le cadre infirmier peuvent aussi renseigner les proches sur la procédure habituelle de l'EHPAD pour aider ses résidants déficients auditifs.

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