Quand la communication devient un enfer

Lorsque la surdité s'installe, souvent de manière insidieuse, il n'est pas rare que ce sont les proches qui constatent en premier qu'il y a un problème d'audition du fait que l'individu qui en est atteint ne s'en rend pas forcément compte que certains sons habituels ont disparus de son environnement sonore ou que leur perception est devenue moins nette.

Dans un premier temps, lorsqu'on peut encore comprendre une bonne partie lors des réunions de famille, c'est justifié de dire que ce n'est pas à cause de problèmes auditifs, mais parce que les autres ne parlent pas de manière distincte ou bien qu'ils font trop de bruit.

Mais lorsqu'on n'arrive plus à capter certaines informations qu'on nous transmet lorsqu'on a le dos tourné, ce sont les proches qui peuvent mieux juger de la situation. 

Une famille joyeuse

Le contrôle de l'audition par un médecin ORL

Il faut être bien conscient que les retombées des troubles de l'audition sont difficiles à la fois pour la personne qui en est atteinte et pour ses proches, car les deux parties sont confrontées à des situations nouvelles qui doivent appeler à des changements de comportement. Le contrôle de l'audition par un médecin ORL (seul professionnel habilité à faire un audiogramme) peut être rassurant comme il peut aussi être source d'inquiétude, mais disons-le franchement : ce n'est pas la politique d'autruche qui changera quelque chose à la situation !

Lorsque les pertes auditives justifient le port d'appareils de correction auditive, l'adaptation demande un temps plus ou moins long qui peut varier en fonction de l'importance des pertes auditives, de l'âge du sujet, de son environnement familial (famille avec des enfants, juste avec un conjoint, personne vivant seule). Généralement, on doit compter jusqu'à six mois de temps d'adaptation, sous réserve que les appareils soient portés continuellement pour habituer le cerveau progressivement à retrouver les sensations auditives oubliées et pour les réintégrer comme un "ressenti normal".

Quelques conseils pour mieux communiquer

Si le malentendant doit arriver très rapidement à porter ses appareils du matin au soir, sans les enlever, sans interrompre leur fonctionnement, et encore moins sans les laisser traîner dans un tiroir pendant plusieurs jours, c'est aussi aux membres de la famille de s'adapter un peu pour l'aider à mieux accepter son nouvel environnement sonore.

  • Les sons sont bien plus forts et ressentis comme aggressifs. Il n'est donc pas surprenant que la fatigue auditive est un frein pour se sentir à l'aise. Parler un peu moins fort, ne pas parler tous au même temps, éviter de mettre de la musique pendant que l'on discute en famille, ... ce sont des petites attentions à offrir à son proche malentendant.
  • Lorsque la surdité était déjà bien installée, l'appareilage peut se révéler comme une vraie souffrance dans un premier temps. Si c'est la maîtresse de maison qui est concernée par les troubles de l'audition, il est important que les proches soient conscients que les bruits de la cuisine ne sont pas compatibles avec une communication sur les problèmes familiaux ou des soucis au travail.
  • Si une discussion familiale animée s'engage dans une dispute, la personne malentendante en est souvent exclue du fait que les cris et les échanges à plusieurs voix deviennent un amalgame de bruits insupportables et non intelligibles. L'incompréhension du sens des mots échangés peut alors conduire à des malentendus, à des blessures involontaires, parfois jusqu'à la rupture.

Changer ses comportements devient un impératif

  • Privilégier les discussions à deux personnes et si ce n'est pas possible, imposer que chaque personne parle à son tour, est souvent la seule manière pour communiquer réellement, pour faire passer le message et apaiser le dialogue.
  • S'imposer des règles de calme et de respect du temps de parole de chaque membre de la famille pour être aussi à l'écoute, en prenant en considération que l'écoute du malentendant est parfois bien difficile en raison de son handicap auditif.
  • Combien de fois, les malentendants doivent-ils entendre cette phrase : "Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut entendre" ! Ce n'est que lorsqu'on vit au quotidien avec les troubles de l'audition qu'on sait combien de suppléance mentale est nécessaire pour suivre les dialogues sur la pluie et le beau temps dans un foyer. Lorsqu'il s'agit de discussions animées, avec un débit de parole rapide à très rapide, c'est tout simplement impossible de comprendre bien que le malentendant entend très bien les membres de sa famille ! 

Entendre ne veut pas dire comprendre (saisir le sens de ce qui se dit)

Les proches doivent donc peu à peu prendre conscience que la situation peut rapidement devenir conflictuelle sauf si toutes les parties font de réels efforts pour maintenir un dialogue en dépit des freins à une communication aisée. Lorsque les troubles de l'audition s'invite dans une famille, les difficultés de la communication apportent tôt ou tard des souffrances à l'ensemble de la cellule familiale

 

 

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