Des activités sportives, oui, mais ...

Les personnes devenues sourdes qui avaient l'habitude de pratiquer des sports où les capacités auditives sont impératives, vivent une véritable souffrance devant le constat que tout est bien plus compliqué dès lors qu'on est obligé de porter des appareils éléctroniques fragiles qui ne supportent ni l'humidité (pas de transpiration excessive, pas de milieux aquatique), ni des chocs (donc pas de mouvements violents).

 

Un nageur 

Lorsque la surdité s'est installée progressivement en quelques années et qu'on devient trop conscient des changements intervenus, on a du mal à encore apprécier certaines activités sportives. Aller à la piscine tout en étant coupé du monde, aller à la plage tout en étant obligé de laisser ses appareils de correction auditive dans une boîte hermétiquement fermée pour éviter qu'ils souffrent du sable, du sel de l'eau de mer ou pire qu'ils soient perdus dans le sable), laisse un sentiment de frustration.

Faire du tennis, du footbal ou d'autres sports qui font beaucoup bouger, n'est pas simple. Certains portent un bandeau pour faire tenir les appareils auditifs sur les oreilles, mais en raison de la transpiration, le risque de panne des appareils est élevé.

Il n'y a qu'à voir les jeux paralympiques : y a-t-il des athlètes handicapés auditifs ?
Oui, heureusement, il y a une ou deux exceptions, mais les athlètes déficients auditifs se comptent sur les doigts d'une main. Ne pas entendre ou n'entendre que grâce à des appareils fragiles représente un sur-handicap "matériel" dans certaines situations dans la plupart des disciplines sportives.

L'exception des jeux paralympiques Rio 2016

C'est Amanda Cameron, Nouvelle Zélande, porteuse d'implants cochléaires de la marque Cochlear (implantée en 2000, puis en 2010). Cette jeune femme née en 1988 est sourde de naissance, diagnostiquée du syndrome d'Usher de type 1, caractérisé par une surdité et une rétinite pigmentaire (détériorant progressivement sa vision). En 2016, elle a une vision à 20 degrés (à la base aucune vision périphérique, elle déclare voir comme « dans un tunnel »).

Amanda Cameron a participé aux jeux paralympique de Rio 2016 comme paracycliste. Elle y participait en tandem avec sa co-pilote Hannah van Kampen (1 km contre-la-montre femmes et 3 km Poursuite individuelle femmes).

Son témoigage plein d'encouragements

Porter un implant cochléaire est fantastique, cela ouvre tant d’opportunités… Au début ce n’est pas évident, mais avec le temps tout devient plus facile si on y met du sien. Il ne faut pas hésiter à demander, car de nombreuses personnes peuvent nous venir en aide… Enfin, il faut toujours rester positif car chacun n’a qu’une seule vie et il faut en profiter au maximum.

Un grand bravo à Amanda !

Limiter les pannes dues à l'humidité

Pour limiter au maximum les pannes dues à l'humidité, il est vivement conseillé de les mettre systématiquement à sécher chaque nuit dans une boîte spéciale, si possible chauffante, en y plaçant une pastille déshydratante absorbant l'humidité. A l'issue de l'activité sportive ou si nécessaire aussi pendant cette période de grande transpiration, il est conseillé d'essuyer les aides auditives avec un chiffon doux et sec. Si les embouts auriculaires sont trop humides, essuyer avec un Kleenex ses conduits auditifs et les embouts, puis éventuellement assécher les tubes à l'aide d'un spray d'air sec, peut aussi limiter les risques de pannes.

Des skieurs de fondRandonnées, footing, vélo, ski de fond ....

Les sports comme la marche à pied, le vélo, le ski de fond et dans certaines conditions même le ski alpin, la gymnastique douce, .... sont autant d'activités sportives qui conviennent très bien aux malentendants. La natation, si l'on accepte de la pratiquer sans ses appareils de correction auditive, est bien entendu également possible comme bien d'autres sports, sous réserve de ne mettre en danger ni soi-même, ni les autres. Certains fabricants d'implants cochléaires proposent des accessoires spécifiquement conçus pour se baigner avec le processeur. Il convient à chaque implanté cochléaire de se renseigner auprès de son fabricant et de respecter les consignes valables exclusivement pour ce dispositif.

Des sorties avec une association de DSME

Certaines associations de devenus sourds et malentendants organisent parfois des sorties entre adhérents pour les aider à sortir de l'isolement tout en prenant soin de leur santé. Dans beaucoup de régions, il y a des clubs de randonneurs, pas nécessairement de personnes souffrant d'un handicap, où les personnes malentendantes sont facilement intégrées du fait que la marche dans la nature permet un échange convivial.

Les proches des personnes souffrant de troubles de l'audition ont un rôle important à jouer pour éviter que ces dernières se laissent trop décourager devant les différents obstacles, certes, pas toujours simples à franchir, mais il y a des solutions alernatives pour continuer à pratiquer du sport et à entretenir sa santé.

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer